Oméga-3 et Oméga-6 : tous deux liés à une inflammation plus élevée
Une étude publiée dans l’International Journal of Epidemiology a examiné comment les graisses oméga-3 et oméga-6 influencent réellement l’inflammation dans votre organisme. Plutôt que de se limiter à interroger les participants sur leur alimentation, les chercheurs ont utilisé des données de deux grandes cohortes, l’UK Biobank et l’Avon Longitudinal Study of Parents and Children, ainsi qu’une méthode appelée randomisation mendélienne. Cet outil utilise des données génétiques pour déterminer si un facteur est réellement responsable d’un problème de santé ou s’il n’y est que corrélé par hasard.
• Plus de 15 000 personnes en bonne santé ont été analysées, et les résultats se sont révélés surprenants : Les chercheurs se sont concentrés sur trois marqueurs sanguins clés révélateurs d’inflammation : la protéine C-réactive (CRP), l’interleukine-6 (IL-6) et les glycoprotéines acétylées (GlycA).
Si la CRP agit comme un signal d’alerte général de l’inflammation, GlycA offre une vision plus stable de l’inflammation chronique de faible intensité sur le long terme. À leur surprise, les graisses oméga-3 et oméga-6 étaient toutes deux associées à des niveaux plus élevés de GlycA. Cela inclut l’acide docosahexaénoïque (DHA), un oméga-3 présent dans l’huile de poisson, et l’acide linoléique (AL), un oméga-6 polyinsaturé que l’on trouve dans les huiles végétales. Les deux ont également augmenté les niveaux de CRP.
• Des niveaux plus élevés d’oméga-3 ont augmenté deux marqueurs majeurs de l’inflammation : En utilisant les données génétiques pour neutraliser l’influence de l’alimentation et du mode de vie, les chercheurs ont constaté que des niveaux plus élevés d’oméga-3 provoquaient en réalité une augmentation de la CRP et de GlycA. Cela est important car ces deux marqueurs sont liés à des problèmes de santé à long terme, comme les maladies cardiaques et le diabète de type 2. Les chiffres sont clairs : les graisses oméga-3 totales ont entraîné une hausse de 0,09 point de la CRP et de 0,12 point de GlycA, suffisamment pour tirer la sonnette d’alarme.
• Le problème ne se résumait pas au ratio oméga-6/oméga-3 : chaque type de graisse augmentait l’inflammation de manière indépendante : Pendant des années, on a cru que le problème résidait dans un ratio déséquilibré : trop d’oméga-6 et pas assez d’oméga-3. Mais cette étude a montré que chacune de ces graisses, même isolément, provoquait une hausse de GlycA. De plus, les personnes présentant un ratio oméga-6/oméga-3 élevé avaient plus de chances d’afficher des niveaux plus élevés des trois marqueurs inflammatoires.
• Les oméga-6 se sont révélés inflammatoires, même après ajustement pour d’autres graisses : Lorsque les chercheurs ont pris en compte d’autres graisses comme le cholestérol, les triglycérides, les graisses saturées et les graisses monoinsaturées, les oméga-6 se distinguaient toujours comme des facteurs d’inflammation. Les oméga-3 n’affichaient plus d’effet indépendant marqué, ce qui signifie que leur influence pourrait dépendre de votre alimentation globale. Mais les oméga-6 provoquaient de l’inflammation quelles que soient les autres conditions.